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SILENT PARTY perceptions du mouvement et du temps dans le silence

12 - 13 octobre 2017

SILENT PARTY

perceptions du mouvement et du temps dans le silence

 


SILENCE[S], programmation nationale portée par le Théâtre National de Chaillot, trouve son écho à Marseille les 12 et 13 octobre prochains avec Silent Party, conçu et réalisé par SCENE44 . n + n Corsino. Ces deux journées réunissent artistes et chercheurs intéressés par les perceptions du mouvement et du temps dans le silence.

Si la danse apporte une perception cognitive singulière du temps dans le silence, l’appui de laboratoires scientifiques tels que PRISM (Perception, Représentation, Image, Son, Musique) et l’ISM, (Institut des Sciences du Mouvement), nous ont permis d’ouvrir la réflexion et la recherche dans des domaines comme la sonification du geste, la mise en oeuvre d’une nouvelle esthétique sonore urbaine et industrielle ou la recomposition d’un silence comme enveloppe d’écoute. Un grand merci à Richard Kronland, directeur de PRISM et à son équipe pour tous les échanges fructueux et jubilatoires qui ont permis la structuration de ces deux journées.

Chaque mouvement des corps et des objets a une signature propre qui se révèle, se mesure et s’apprécie dans des silences variables et relatifs. Cette qualité définit une écriture en temps réel qui s’actualise à chaque événement. C’est vrai pour la danse, mais pas seulement. Concordance des temps, Silent Party a lieu pendant Actoral et, question commune, Claude Régy est programmé par le festival des écritures contemporaines. Au fil des rencontres avec Hubert Colas, un partenariat est né et des propositions se sont croisées dans leur format et leur mode de présentation

Silent Party a reçu l’écoute et l’attention d’Angelin Preljocaj qui nous accueille au Pavillon Noir, pour la journée du 13 octobre. Ce partenariat exprime une  relation en forme de compagnonnage heureux que nous poursuivons avec le Ballet National au gré des années et des occurences de projets, comme une expression libre de flux entre Aix et Marseille.

Etre silencieux ce n’est pas se taire.

n + n Corsino

 

SILENCE[S] est un programme national porté par le Théâtre National de Chaillot à l’initiative de Domimique Dupuy.

 

Partenaires :

PRISM : Laboratoire Perception, Représentation, Image, Musique et Son (CNRS – AMU)

ISM : Institut des Sciences du Mouvement, Etienne Jules Marey  (CNRS –AMU)

Actoral, Festival des Arts et des Ecritures Contemporaines

Ballet Preljocaj -  Le Pavillon Noir

AMU : Aix-Marseille Université

UFR ALLSH : Unité de Formation et de Recherche Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines

Avec le soutien de : 

IRCAM : Institut de Recherche et  Coordination Acoustique / Musique 

LNC : Laboratoire des Neurosciences Cognitives

 

SCENE44  .  n + n Corsino

Scène européenne de création chorégraphique et d’innovation numérique, Lieu de fabrique artistique est subventionné par:

la Ville de Marseille, le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional), le Ministère de la Culture et de la Communication -  DRAC PACA, le Conseil Régional PACA,  le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône

Avec le soutien de l’Institut Français pour ses actions à l’étranger.

 

crédits photographiques : © cie Dodescaden, © cie Eléphante - visuel : Romain Giquel, © Daïna Ashbee, © cie Pulso, © Syneline 

visuel : Nicolas Patrix

 

Jeudi 12 octobre 2017

SCENE44 . n + n Corsino

Pole Média Belle-de-Mai

37 rue Guibal 13003 Marseille


9h Accueil 

9h30 Ouverture, Richard Kronland,  PRISM, Nicole Corsino, Norbert Corsino,  SCENE44

10h - 13h session 1 : conversations sur le silence

Dominique Dupuy / Daniel Deshays : Comme chez  certains animaux… 

Mitsuko Aramaki (PRISM) : Silence et Perception 

Jérémy Danna (LNC) : Quand l'écrit résonne, sonifier l'écriture pour  percevoir au delà de la trace écrite

Richard Kronland (PRISM) : Du silence dans le bruit? Le silence spectral

Solvi Ystad (PRISM) : Les sonorités du silence d’un point de vue acoustique

Vincent Roussarie (Groupe Peugeot-Citroën) : le silence automobile, graal industriel ou erreur de paradigme?

Christophe Bourdin (ISM) : Silence et bruits  du corps

14h30 – 18h session 2 : performances / events

Greg Beller (IRCAM)  / Richard Dubelski: 

Le palais de la mémoire 

Rocio Berenguer / Marja Christians  (C° Pulso) : Stéthoscopes 

Laurence Maillot (C° Dodescaden) : Karochi, extrait

Daïna Ashbee : Pour

Sandra Français (C° Elephante) : Onkalo solo#1 Le Gardien

Nicolas Villodre : L’image inouïe

Pascale Houbin (C° Non de Nom ) : Aujourd’hui à deux mains

 





20h30 Claude Régy : Rêve et Folie / Théâtre Joliette En partenariat avec Actoral www.actoral.org

 

                      

 

Vendredi 13 octobre 2017

 Ballet Preljocaj - Le Pavillon Noir

 530 avenue W.A. Mozart

 13627 Aix-en-Provence


9h Accueil 

9h30 Ouverture, Christine Esclapez, PRISM /  Angelin Preljocaj,  Pavillon Noir / Nicole Corsino, Norbert Corsino, SCENE44 

10h - 13h session 3 : conversations sur le silence

Angelin Preljocaj : l’Anoure, à partir de la Voix Perdue de Pascal Quignard

Solvi Ystad (PRISM) : Les sonorités du silence d’un point de vue acoustique

Richard Kronland (PRISM) : Du silence dans le bruit? Le silence spectral

Mitsuko Aramaki (PRISM) : Silence et Perception 

Sylvain Brétéché (PRISM) : Regarde chanter ces mains 

Vincent Roussarie (Groupe Peugeot-Citroën) : le silence automobile, graal industriel ou erreur de paradigme?

Christophe Bourdin (ISM) : Silence et bruits du corps


14h30 - 18h session 4 : performances / events

Daïna Ashbee : Pour

Laurence Maillot (C° Dodescaden) : Karochi, extrait

Greg Beller (IRCAM)  / Richard Dubelski : Chute !!!

Rocio Berenguer / Marja Christians  (C° Pulso) : Stéthoscopes 

Julien Ferrando / Jonathan Bell / Tom Mebarki : Tacet 

Sandra Français, (C° Elephante) : Onkalo solo#1 Le Gardien

Pascale Houbin, (C° Non de Nom) : Aujourd’hui à deux mains

Nicolas Darbon (PRISM) /Alain Berlaud:

Le silence des ténèbres 

Nicolas Villodre : L’image inouïe


20h30 Claude Régy : Rêve et Folie / Théâtre Joliette

En partenariat avec Actoral 

www.actoral.org

 


 

 

 

Uniquement sur réservation


scene44@nncorsino.com

06 75 80 51 51

 

 


SILENT PARTY

 

Mitsuko Arakami

Silence et Perception

La question du silence sera abordée sous l’angle de la sonification. Quelques pistes de recherches seront discutées, notamment sur les nouvelles formes de perceptions virtuelles et augmentées au travers des technologies émergentes. 

Doctorante en acoustique de l’université Aix-Marseille II en 2003. Elle est actuellement chargée de recherches au CNRS dans le laboratoire PRISM (Perception, Représentation, Image, Son, Musique) à Marseille, au sein de l’axe  Ingénierie de la Perception. Ses activités de recherche s’inscrivent dans le domaine des sciences du son et abordent des questions fondamentales liées à la relation entre le son et l’humain dans un contexte multimodal. Ses recherches ont bénéficié de nombreuses collaborations interdisciplinaires, leurs applications relevant d’enjeux aussi bien industriels (automobile, jeux vidéo) que sociétaux et cliniques (apprentissage, remédiation, psychiatrie).


Daïna Ashbee

Pour 

Autour de Pour : les douleurs silencieuses

Pour explore la relation complexe des femmes à leur cycle menstruel. En levant le tabou sur ces douleurs intimes et les résonances émotives qu’elles suscitent, cette oeuvre, alliant force et vulnérabilité,  expose différentes facettes du rapport féminin à la maladie et propose une métamorphose de cette énergie dans le mouvement, la performance.

À l’instar de ses œuvres précédentes, Ashbee crée avec Pour une pièce sombre, dérangeante et provocante. L’utilisation de la répétition évoque la notion de transformation et laisse présager différents dénouements possibles, tout en maintenant une intense vulnérabilité entre l’artiste et le public.

Artiste, interprète et chorégraphe de Montréal, reconnue pour ses œuvres radicales, à la lisière de la danse et de la performance, qui abordent avec intelligence des sujets complexes ou tabous comme la sexualité féminine, l’identité métisse, et les changements climatiques. Artiste en résidence à l’Agora de la danse à Montréal jusqu’en 2020, elle se produira au cours de la prochaine année aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, à Munich et à Potsdam, au Centre National des Arts à Ottawa, au Festival TransAmériques (FTA), à la  Biennale de Venise, entre autres.


Greg Beller & Richard Dubelski

Chute !!!

Dans cette performance, Greg Beller et Richard Dubelski vous parlent de silence(s), en jouant avec les processus bavards de l’improvisation et leurs machines à attraper les sons…

Le Palais de la mémoire

Décrit par Frances Yates en 1966 dans Ars Memoria, Le Palais de la Mémoire est un moyen mnémotechnique pratiqué depuis l’antiquité, puis disparu à la Renaissance, il permettait à un orateur de mémoriser rapidement un discours.

Cette installation métaphorique, transforme le lieu dans lequel elle est exposée en une sculpture sonore collective. L’espace physique pourtant vide, résonne des différents souvenirs livrés par les participants en une polyphonie temporelle.

Greg Beller 

Son, voix, geste, mouvement, expressivité, émotion, Greg Beller est artiste et chercheur dans les arts numériques, la musique et le spectacle vivant. Normalien et auteur d’une thèse de doctorat sur l’expressivité dans la parole et la musique, il fonde la compagnie Synekine dont il est le directeur artistique. Directeur du département Interfaces Recherche et Création de l’IRCAM, il collabore avec des artistes et des chercheurs dans la conception, la création et la performance de moments artistiques. 

Richard Dubelski

Né dans les coulisses de l’Alcazar de Marseille d’un père compositeur et chef d’orchestre et d’une mère comédienne et chanteuse, il suit une formation musicale (1er prix de percussion du C.N.R de Rueil-Malmaison) et théâtrale (atelier de Betty Rafaelli), qui lui permettent d’embrasser les activités de musicien, comédien, compositeur et metteur en scène. En 1987 il rencontre Georges Aperghis dont il sera l’interprète dans différents spectacles et également un proche collaborateur jusqu’en 1992, puis à nouveau depuis 2011. Dernièrement il a créé Fissures ou le délabrement de la mémoire avec Greg Beller. Il anime également divers stages et ateliers de théâtre musical au sein d’écoles nationales de théâtre (l’E.R.A.C, l’Ecole de la Comédie de St Etienne, Atelier volant T.N.T…) et de Centres Dramatiques Nationaux. En 2009 et 2010, il est directeur artistique musical et compositeur de Kaléidoscope 2, un spectacle de l‘Opéra de Lyon avec 350 amateurs, l’orchestre et la Maîtrise de l’opéra de Lyon et travaille régulièrement avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne.


Rocio Berenguer / Marja Christians  

Stéthoscope

Le  Stéthoscope capte la musique du corps en temps réel, franchissant la frontière organique de la matière et nous invitant à passer de l’autre côté de la peau. La pulsation comme conversation, la voix des tripes, la chanson d’un regard. Le dedans dehors. C’est une performance qui, au travers d’un protocole de concert individuel, met en jeu la voix et le regard en prenant à partie individuellement le spectateur.

Rocio Berenguer 

Actrice, metteuse en scène, auteure et chorégraphe, l’espagnole Rocio Berenguer crée en 2010 la compagnie Pulso dédiée à la dramaturgie du  corps et les nouveaux médias. Influencée par le théâtre de l’invisible, elle conçoit ses pièces chorégraphiques dans une perspective transdisciplinaire où se mêlent nouvelles technologies et danse. Pour Rocio, lauréate de la 8ème biennale internationale d’Enghien-les-Bains, la dramaturgie du corps permet de passer du collectif à l’intime et d’aborder les questions politiques avec poésie. 

Marja Christians 

Interprète, elle conçoit et réalise des spectacles féministes de théâtre et de danse conjointement avec Isabel Schwenk, ainsi que dans une collaboration avec la chorégraphe Rocío Berenguer et l’artiste Ayélen Cantini. Marja est membre cobra du réseau  cobratheater.cobra.com. Collabore actuellement avec la danseuse Viktorija Ilioska (Skopje), l’artiste queer Julian Meding (Berlin) et l’artiste plasticien Burçak Konukman (Istanbul).Elle est diplômée de l’Université Hildesheim et du Physical Theatre à Barcelone. Actuellement, elle conduit des recherches sur la chorégraphie et la performance à l’Université de Giessen.

Dans ses performances, elle cherche à déconstruire la violence structurelle par une contestation des conventions actuelles, en utilisant des stratégies humoristiques et la réaction physique de l’auditoire. Elle joue à la frontière du corps humain par l’environnement de sons posthumains et de visions de cyborgs. (Jurypreis du Festival Sophiensaele, Körber Studio Junge Regie et le Festival Radikal Jung).

 

Christophe Bourdin

Silence et bruits du corps

Même dans le silence complet, le danseur qui exprime son art reste à l’écoute. En effet, lorsqu’il produit sa performance, même si celle-ci est produite sans musique, le danseur s’appuie sur une multitude de signaux sensoriels lui permettant d’exécuter la chorégraphie apprise. Ainsi, même privé de la source sensorielle majeure pour l’acte de danse, le système nerveux central s’appuie sur une partition de signaux sensoriels différents (visuels, vestibulaires, proprioceptifs), lui permettant d’organiser son mouvement expert et de réaliser la performance dans la temporalité apprise.

Après un doctorat en Sciences du Mouvement à l’Université Joseph Fourier de Grenoble sous la direction du Pr Vincent Nougier, il rejoint la Faculté des Sciences du Sport et l’Institut des Sciences du Mouvement (Aix-Marseille Université et CNRS) en 1998 pour travailler sur les modalités du contrôle du mouvement par le système nerveux central. Depuis, il mène des projets de recherche autour de la question de l’apprentissage du mouvement et son adaptation aux modifications environnementales, avec un intérêt principal pour le rôle de l’intégration multi-sensorielle. Il travaille notamment sur les apports des informations auditives, vestibulaires et visuelles dans les capacités de contrôle du mouvement. Responsable scientifique de l’OpenLab Automotive Motion Lab, laboratoire commun entre Aix-Marseille Université et le groupe PSA qui traite des problématiques des facteurs humains dans le domaine automobile. De 2001 à 2005, puis de 2010 à 2014, il a été vice-doyen de la Faculté des Sciences du Sport. Actuellement, il est chargé de mission à Aix-Marseille Université, auprès du vice-président à l’Innovation et à la Valorisation.

 

Sylvain Brétéché

Regarde chanter ces mains

De la vusique au chansigne : dimensions silencieuses de la musique des sourds.

Pour parler musique, l’Ordinaire s’appuie sur les sons et les vécus de l’oreille. 

Mais qu’en est-il lorsque celle-ci ne remplit pas son office et que semble ainsi s’imposer le silence ? 

La musique disparaît-elle comme les couleurs s’estompent dans l’obscurité ? 

Dépassant le voile opaque de l’oreille, les pratiques musicales des sourds, fondamentalement détachées de l’auralité, tendent à révéler une facette singulière de la musique qui, dans le silence prétendu, se dévoile produit de l’œil, réalité asonore incarnée, visuelle et mouvante.

Docteur en musicologie, master en sciences de l’éducation et intervenant professionnel dans le monde de la surdité. Ses travaux s’inscrivent dans une nécessaire transdisciplinarité mêlant musicologie, phénoménologie, anthropologie culturelle et psychologie sociale, pour s’intéresser (prioritairement) à la place du corps dans l’expérience musicale, aux pratiques musicales des Sourds et aux musiques adaptées. Son approche de la notion de silence dépasse la seule observation musicologique. Dans ses travaux, il l’envisage dans des perspectives phénoménologiques, anthropologiques ou encore esthétiques.

 

Jérémy Danna

Quand l’écrit résonne

Sonifier l’écriture pour percevoir au delà de la trace écrite.

Sonifier (transformer en sons et silences) le mouvement d’écriture permet au scripteur de percer la vision focalisée sur la trace qu’il forme et de perce-voir d’autres informations cachées. L’idée sous-jacente est par exemple d’associer un son mélodieux, qui coule, à un geste d’écriture fluide, et d’associer un son discordant, qui craque, à un geste d’écriture saccadé. Cette méthode transforme littéralement le stylo en baguette de chef d’orchestre, qui forme et déforme une musique de l’écriture, dans le but de rendre le mouvement d’écriture plus mélodieux.

2015 : Chargé de Recherche au CNRS, rattaché au Laboratoire de Neurosciences Cognitives à Marseille (Aix-Marseille Université). 

2011 - 2015 : Post-doctorats et CDD de chercheur au CNRS, principalement sur la thématique de la sonification de l’écriture manuscrite.  

2011 : Doctorat mention, Performance Motrice, Adaptations et Sport au Pôle de Recherche Interdisciplinaire en Sciences du Sport et du Mouvement Humain (PRISSMH) : thèse sur la dynamique de coordination dans la formation de la trace écrite chez l’adulte et l’enfant.

 

Nicolas Darbon / Alain Berlaud

Dans le silence des ténèbres, extrait

Moment dansé d’une durée d’environ 10 minutes, cet extrait est fondé sur le Popul Vuh (récit de la genèse  Maya). La question du choix entre son et silence, mobilité et immobilité, lumière et obscurité se joue entre le musicien et le danseur : par le biais de l’improvisation simultanée, c’est la genèse du geste créatif qui est en jeu. Créer, agir, ou ne rien faire; donner au monde ou s’effacer.

Nicolas Darbon 

Musicologue, compositeur, président de Millénaire III Editions, Nicolas Darbon est maître de conférences HDR à Aix-Marseille Université, membre du laboratoire PRISM.

Alain Berlaud

Compositeur né en 1971, Alain Berlaud étudie au CNSM de Paris et à l’IRCAM, avant d’enseigner en Guyane. Sa démarche de création est délibérément orientée vers l’anthropologie musicale et la spiritualité. Il enseigne actuellement sur Aix-en-Provence et Marseille.

 

Dominique Dupuy / Daniel Deshays

Comme chez certains animaux…

Contrairement à certains animaux, chez qui les oreilles bougent indiquant la naissance d’une attention, aucun indice permet de dire à coup sûr : celui-ci écoute. Si son regard attentif peut en laisser supposer l’existence, on ne sait pas plus quand il cesse d’écouter. Seules les paupières qui battent indiquent l’existence de coupures, de retraits en soi. C’est l’indice de notre incapacité à maintenir continûment notre attention aux évènements, cela vaut aussi pour l’écoute. Ainsi, c’est nous-même qui organisons les coupures, ouvrant des silences dans le bruit. Le silence est donc un des éléments constitutifs de cette complexité, il est l’autre temps du sonore, comme son anti matière, celle qui permet l’articulation des sons.

Dominique Dupuy est danseur.

Si l’appellation d’homme de danse était d’usage, sans doute serait-elle plus accordée à ce qu’il fait, ce qu’il est, ce qu’il est devenu.

C’est en homme de danse qu’il danse, qu’il enseigne la danse, qu’il met la danse en scène et qu’il écrit. La danse, il en fait, il en parle, il en écrit. Il se passionne pour ses diverses formes, pour sa mémoire, son patrimoine, et donc pour sa recherche et sa transmission ; pour sa relation aux autres formes théâtrales qu’il côtoie lui même depuis sa formation et dans ses oeuvres.

Daniel Deshays

Réalisateur sonore, professeur des Universités, directeur de recherches, essayiste et conférencier. Il travaille depuis plus de quarante années l’écriture du son pour le théâtre, la musique et le cinéma. Il a notamment travaillé avec Chantal Akerman, François Caillat, Jean Michel Carré, Henri Colomer, Richard Coppans, Philippe Garrel, Robert Kramer, Yann Lemasson, Tariq Teguia. Il a fondé le département de Conception sonore à l’école nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT), enseigne régulièrement à la Fémis, membre des Ateliers Varan et du Grec. Il a aussi enseigné à l’ENSAD, à Sciences Po et dix années à l’Ecole des Beaux Arts de Paris où il développa une approche de la plasticité du sonore. Il est notamment l’auteur de deux essais : Pour une écriture du son (2006) et Entendre le cinéma (2010) parus aux éditions Klincksieck, Paris.


Julien Ferrando / Jonathan Bell

Tacet 

Ou la relecture du silence médiéval dans les pratiques musicales contemporaines.

Cette communication questionne les rapports qu’entretiennent la musique et le silence dans des époques très éloignées dans le temps. De ces observations se dégagent la notion de silence comme geste musicien au Moyen Âge, et l’idée de silence comme sonic experience, chez John Cage et Morton Feldman. Ces concepts sont enfin utilisés comme point de départ pour une réinterprétation contemporaine de pièces issues du Codex Chantilly. 

Julien Ferrando 

Maître de Conférences en musiques anciennes et nouvelles technologies au secteur musique et sciences de la musique de l’Université d’Aix-Marseille, membre de la FRE PRISM (AMU/ CNRS) et responsable du secteur musique et sciences de la musique. Il est également artiste musicien membre de l’ensemble Diabolus in Musica et directeur artistique de l’ensemble de musique ancienne Mescolanza. Artiste résident à la Fondation Royaumont de 2002 à 2005. Il a fondé également le Meditrio en collaboration avec Jean-Marc Montera, Jean-Michel Robert, dont l’objet est la rencontre des improvisations contemporaines, méditerranéennes et des musiques anciennes. 

Jonathan Bell

Compositeur, il est diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, et de la Guildhall School of Music & Drama (Doctor of Music in composition). De 2014 à 2016, il suit le cursus de l’IRCAM. Sa musique porte l’influence des polyphonistes franco-flamands, du minimalisme américain, et de la musique spectrale. Il enseigne actuellement à l’université d’Aix-Marseille (AMU).

 

Sandra Français

ONKALO solo #1 Le Gardien

Sandra Français veut mettre en scène une théorie de l’information qui serait applicable à l’art chorégraphique. Elle puise son inspiration dans le contexte posé par le film Into Eternity de M.Madsen : "En 2020, sur une presqu’île de Finlande, des milliers de tonnes de déchets nucléaires seront entreposés dans un trou creusé par la main de l’homme. Un trou que les ingénieurs de ce sanctuaire ont appelé Onkalo. La radioactivité de ces déchets est estimée à 100 000 ans. Qui, dans 100 000 ans se souviendra ?"

Elle invente un langage du corps, une chorégraphie qui s’appuie d’abord sur une collection de gestes signalant le danger. Dans ce premier solo, le Gardien d’Onkalo, est chargé de transmettre le message dont dépendra la survie des générations futures.

Née en 1987 en France, Sandra Français fait ses premiers pas de danse auprès de la chorégraphe  Josette Baïz, d’abord dans le Groupe Grenade, puis dès l’âge de 19 ans dans sa compagnie professionnelle. En 2010, elle prend part à la formation Arsenal Della Danza en Italie au sein de la Biennale Danza. Elle danse sous la direction d’Ismael Ivo pour l’ouverture du septième Festival International de Danse Contemporaine de la Biennale de Venise. En 2011, elle rejoint la compagnie AVA en Espagne et travaille sous la direction d’Avatara Ayuso. En 2013 elle crée la compagnie Éléphante  avec le projet Alpha, lauréat de la Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée, une étape formelle et conceptuelle au travers de laquelle elle renoue avec l’improvisation et la performance. ONKALO dans sa version en diptyque sera présenté en 2018.

 

Pascale Houbin

Aujourd’hui à deux mains

Collection de portraits gestuels réalisés depuis 2002 : Couturière, Maréchal ferrant, Forgeron, Base 112 Pilotes, Croupier

Les gestes au travail sont filmés à blanc. Ils sont exécutés par différents artisans, sans matière et sans outil. Les petits et les grands gestes sont des creusets d’humanités individuelles et collectives. Ils sont des signes de vie et portent en creux l’expérience de chacun. 

Elle fonde sa compagnie Non de Nom en 1987. Ses premières créations Nota Bene, 1987 et Chants, 1989 intègrent à la chorégraphie la langue des signes française. Cette expérience lui permet d’explorer les résonances reliant texte et mouvement. A partir de 1999, elle s’engage dans une suite de créations avec d’autres auteurs : Abbi Patrix (conteur), Levent Beskardes (comédien sourd), Georges Appaix (chorégraphe), Dominique Boivin (chorégraphe), Patrick Bonté (metteur en scène), Daniel Larrieu et Dominique Boivin (chorégraphes). En 2015, elle réalise le film Le geste exilé en réponse à une commande de l’association Rennoise Travesias, dans le cadre des Nouveaux Commanditaires soutenue par la Fondation de France. Elle enseigne l’art chorégraphique à Sciences Po Paris depuis 2013.

 

Richard Kronland

Du silence dans le bruit? Le silence spectral.

Les sons de notre environnement nous informent en permanence. Nous pouvons fermer nos yeux mais pas nos oreilles, mais est ce la preuve que nous avons besoin de sons en permanence ? 

Les sons constituent un langage implicite qui nous guide et nous aide à appréhender notre environnement; pourtant les sons comportent souvent bien plus de silence que l’on croit. Un silence spectral d’où surgit la beauté sonore.

Directeur de recherche au CNRS. Son activité scientifique relève des sciences des sons au sens interdisciplinaire du terme. Ses travaux portent principalement sur la synthèse des sons, mais son intérêt pour les aspects perceptifs et cognitifs liés à l’écoute l’ont plus récemment conduit à entreprendre des recherches interdisciplinaires sur le contrôle intuitif des sons et sur les processus aptes à reproduire des effets perceptifs correspondant à des attributs de haut niveau. Il dirige actuellement le Laboratoire PRISM (CNRS/AMU) à Marseille.

 

Laurence Maillot

Karoshi, un burn out silencieux.

Les Karoshi  au Japon désignent les personnes qui meurent soudainement d’épuisement au travail.

L’acharnement à produire sous l’injonction d’une structure supérieure ne permet aux corps en présence que de devenir étrangers à eux-mêmes jusqu’à un point limite de désagrégation, une course inutile vers l’absence de soi.

Les sons filtrés ou bruts viennent rythmer de manière aléatoire ou contrôlée les états paroxystiques de l’ interprète.

Chorégraphe et danseuse, directrice artistique avec Jeremy Demesmaeker de la Cie Dodescaden (2009).

Elle développe un travail de recherche autour des notions de corps et d’inconscient. Titulaire d’une maitrise de biochimie, elle poursuit ses études universitaires en section psychologie,  et une formation en psychanalyse au sein de l’École de la cause freudienne à Marseille. Elle associe pratique et pensée, corps conscient et inconscient, son travail de recherche est marqué par des rencontres artistiques déterminantes comme celles avec Julie Stanzak, Julyen Hamilton ou German Jauregui. En 2017, la création de la compagnie, Les Maitres Fous s’inspire des cérémonies de possession et des phénomènes de transe interprétées au travers des nouvelles figures du pouvoir de la société contemporaine.

 

Angelin Preljocaj

L’Anoure et la voix perdue

A partir de La Voix Perdue de Pascal Quignard.

Chorégraphe, du directeur Ballet Preljocaj.

Né en France en 1957, de parents albanais, Angelin Preljocaj débute des études de danse classique avant de se tourner vers la danse contemporaine auprès de Karin Waehner. En 1980, il part pour New York afin de travailler avec Zena Rommett et Merce Cunningham, puis continue ses études en France auprès de la chorégraphe américaine Viola Farber et du français Quentin Rouillier. Il rejoint ensuite Dominique Bagouet jusqu’à la création de sa propre compagnie en décembre 1984. Il a chorégraphié depuis 50 pièces, du solo aux grandes formes. Ses créations sont reprises au répertoire de nombreuses compagnies, dont il reçoit également des commandes, c’est le cas notamment de La Scala de Milan, du New York City Ballet et du Ballet de l’Opéra National de Paris. Il réalise en 2016, avec Valérie Müller, son premier long-métrage, Polina, Danser sa vie, adapté de la bande-dessinée de Bastien Vivès.

 

Vincent Roussarie

le silence automobile, graal industriel ou erreur de paradigme? 

En réalité un objet en mouvement ne sera jamais parfaitement silencieux, et tant mieux. Le silence total rendrait nos véhicules inconduisibles, dangereux pour les vulnérables et angoissants pour ses occupants. Malgré tout la promesse de silence des véhicules électriques crée de l’attente, aussi les constructeurs planchent sur un nouveau paradigme, avec en objectif des sons maitrisés, contrôlés et désignés, en se débarrassant au mieux des sons gênants sans signification. Les nouvelles technologies de l’audionumérique nous ont déjà permis de prototyper des véhicules qui vont dans ce sens-là, en particulier grâce au contrôle actif et à la sonification; à l’aube des machines augmentées, ça n’est pas en rendant muets nos objets qu’on en améliorera l’usage.

Docteur en psychoacoustique et expert pour le Groupe PSA sur le domaine de la perception des sons et vibrations. A la direction scientifique il pilote des projets innovations, des partenariats scientifiques et la mise en place de proof of concept sur les nouvelles technologies de l’audionumérique, en particulier pour la sonification et le design sonore. Depuis 2015 il est responsable du service Sciences Cognitives et Facteurs Humains de la direction scientifique.

 

Nicolas Villodre

L’Image inouïe

De même que les concepts, les trouvailles, rétiniennes ou autres, ne courent pas les rues. Le paradoxe du titre des pensées sur l’art de Paul Claudel, L’Œil écoute, est déjà, nous semble-t-il, dans la consigne de Lear à l’aveugle Glocester : “Look with thine ears” – “Regarde avec tes oreilles”, IV, 6. Quel serait dès lors l‘inédit en danse? Le non-dit ou non-perçu en cinédanse? Une actualité thématique supposée brûlante? La primeur d’un procédé technique? Ces questions seront abordées à travers quelques exemples pris dans le champ du cinéma expérimental.

1983 : IIIe cycle sur la photographie d’avant-garde, Université Paris-I.1977-1983 : Coopérative des Cinéastes, Collectif Jeune cinéma, Ciné-club St-Charles, Salon Écritures créé par Maurice Lemaître, ARCEF créée par Dominique Noguez.

1984-2013 Cinémathèque de la Danse fondée par Patrick Bensard.

2013-2017 Centre National de la Danse, Pantin.

Textes pour Pariscope, La Cinémathèque Française, La Revue d’esthétique, Photographies, Pour la danse, CinémAction, Cent ans de danse en France/Japon, ReelDance/Australie, Dictionnaire Larousse de la danse, Jeune dure et pure, Journal de l’ADC, DanceArt/Tokyo, catalogue L’Art vidéo de N+N Corsino, Dictionnaire des femmes créatrices, Jeune Cinéma, Mouvement, Ballroom.

 

Solvi Ystad

Les sonorités du silence d’un point de vue acoustique

Les sons nous informent continûment sur notre environnement. Depuis des décennies les acousticiens cherchent différents moyens pour amortir les bruits nuisibles, soit en utilisant des matériaux absorbants, soit par des méthodes d’absorption actifs (anti-bruit). D’autres acousticiens cherchent à créer des sons et à les associer aux événements silencieux pour augmenter nos perceptions du monde et améliorer notre quotidien. Durant cette intervention les différentes facettes du silence seront abordées d’un point de vue acoustique.

Directrice de recherche au CNRS. Elle effectue ses recherches sur les liens entre sons et comportements humains au sein du laboratoire PRISM AMU - CNRS, Marseille.



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