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IMéRA Aix - Marseille Université / Cycle thématique

11 avril 2018 Marseille

IMéRA  Aix - Marseille Université / Cycle thématique Dans le cadre du cycle Recherche, art et pratiques numériques #17, Norbert Corsino participe au colloque "Expérimenter l'espace scénique".

 

 



























































CYCLE - Recherche, art et pratiques numériques #17

Mercredi 11 avril 2018, 10h00 - 13h00 - IMéRA, Maison des astronomes, salle de conférences - entrée libre

Expérimenter l’espace scénique, avec Yannick Butel (professeur, esthétique et réception, LESA, AMU), Sandra Iché (danseuse et metteuse en scène, en résidence à l’IMéRA), Candice Raymond (historienne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ERC Civil Wars), Marjorie Glas (sociologue, CMW, Lyon et IRIS, EHESS, Paris) & Norbert Corsino (chorégraphe et chercheur, SCENE44 . n + n Corsino, Marseille)

Inscription des doctorants : Direction de la Formation Doctorale AMU - ADUM 

Yannick Butel, professeur des universités, esthétique et réception, LESA (Laboratoire d’Etudes en Sciences des Arts, Aix Marseille Université)

  • De l’octet scénique au hocquet du public

Quels rapports entre l’ordre Mevlevi, le prix Brodin reçu par Sophia Kovalevskaya, la création Landschaft mit entfernten Verwandten d’Heiner Goebbels ou le K de Sophie K de Jean-François Peyret ? Ou, et formulons-le d’une autre manière, quelles connexions peut-on faire entre l’ordre des derviches tourneurs qui danse la Sama, une mathématicienne qui s’inquiète de résoudre les équations qui régissent le mouvement d’un solide de forme quelconque soumis à la seule pesanteur, et deux artistes qui recourent aux technologies, à l’image numérique, au TAO (théâtre assisté par ordinateur)… ? En quoi ce triptyque pourrait encore aider la réflexion d’un penseur de l’esthétique et des arts de la scène ?

Sandra Iché, artiste, chorégraphe & résidente IMéRA 2017-2018, Candice Raymond, historienne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ERC Civil Wars, & Marjorie Glas, sociologue, CMW, Lyon et IRIS, EHESS, Paris

  • Droite-Gauche : retours sur une collaboration autour des ressorts biographiques de nos orientations politiques

Le projet Droite-Gauche, conçu comme un projet à la fois de recherche et de création, et partiellement financé par des programmes intitulés « arts et sciences », a été et continue d’être nourri et activé par des « artistes » (chorégraphie, théâtre, son, vidéo, dessin) et des « chercheurs » (philosophie, sociologie, histoire). Si ces dénominations nous informent sur les outils dont chacun s’équipe pour aborder le travail, elles escamotent d’autres traits qui comptent tout autant (les lieux où nous avons grandi ; dans quelles situations nous en sommes déjà venu aux mains ; si nous préférons les ciels glacés, les vents chauds ou la moiteur qui enveloppe les corps ; etc.) Les questions mises au travail dans Droite-Gauche étaient formulées de la manière suivante : comment se forgent et varient nos ethos politiques ? Ou bien : comment se forge notre positionnement au sein de rapports de pouvoir ? Ou bien : comment se forgent nos conceptions de ce qui est « réel », « possible », « souhaitable » ?
Une étape de travail, publique, engageant les chercheurs à présenter leurs travaux depuis la scène du théâtre, a constitué une première incarnation de ce projet (Théâtre de la Cité, Marseille, février 2017, Festival Parallèle). Le projet sous sa forme de « spectacle vivant » (Théâtre de la Joliette, Marseille, février 2018, Festival Parallèle) a notamment consisté à opérer des transferts, des redistributions, entre énoncés « scientifiques », hérités du travail des chercheurs, et énoncés « sensibles », élaborés par l’ensemble des personnes impliquées dans le projet, chercheurs compris. Aujourd’hui nous travaillons à une publication commune, comme une troisième manifestation possible de cette collaboration et avec pour intentions d’une part de clarifier les enjeux auxquels répondent ces projets transversaux et d’autre part de construire les conditions de réception d’un projet comme Droite-Gauche, pour lequel la rencontre entre les sciences sociales et la création artistique ne vise ni une cosmétisation de la recherche scientifique ni une fonctionnalité de l’art.
Pour le séminaire, nous (Marjorie Glas, « sociologue », Sandra Iché, « danseuse », et Candice Raymond, « historienne ») reviendrons sur les motivations qui ont présidé, pour chacune, à notre implication dans le projet, sur la fécondité de cette fréquentation « art et sciences » pour nos pratiques respectives, ainsi que sur les éventuelles gênes ou résistances éprouvées (en vrac, réflexivité méthodologique sur nos « ordres de discours », sur nos outils de transmission…) Nous tenterons notamment de dégager précisément quelques termes/thèmes qui sont au coeur du travail et dont le sens et les usages étant différents d’une discipline à l’autre se trouvent reconfigurés par notre cohabitation : sources, imaginaires, énonciations.

Norbert Corsino, chorégraphe et chercheur, SCENE44 . n + n Corsino, Marseille

  • Machinations

Les domaines ouverts par les arts numériques génèrent des topologies transportables coextensives dans lesquelles la danse peut surgir et s’écrire. Ils libèrent de l’espace à l’imaginaire. Ces outils neufs, les danseurs, les artistes, peuvent et doivent s’en emparer, les technologies en constant devenir et donc toujours inachevées continuent avec d’autres appareillages les techniques du corps, touchant là une caractéristique de la danse de n’avoir ni début ni fin : il n’y a pas de premier geste, ni a fortiori de dernier. Toutes les techniques développées dans les mondes virtuels, demandent que le corps soit étiqueté sur les déplacements dans l’espace, par ses systèmes de repérages perceptifs et représentatifs. Machine vient de ruse, stratagème, machination.


Thématique du séminaire

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières.
Dans le  domaine des sciences humaines et sociales, le recours aux pratiques numériques conduit à de nombreux bouleversements que ce soit dans la collecte, la production et le traitement de données, ainsi que l’élaboration de nouvelles formes de narration et d’édition. Le tournant numérique conduit les chercheurs à reconsidérer leurs méthodes, leurs catégories, leurs paradigmes, leurs orientations théoriques, leurs objets, leurs formes de labellisation et les cadres des champs disciplinaires. D’ailleurs, compte tenu des collaborations toujours plus nombreuses qu’implique le recours au numérique entre d’un côté les sciences humaines et de l’autre les sciences exactes et expérimentales, il semble plus pertinent de parler de Digital Studies que Digital Humanities.
Dans le domaine de l’art, le numérique ouvre également des champs de pratiques radicalement nouveaux. Il transforme la relation des artistes aux outils qu’ils utilisent et aux connaissances qu’ils convoquent, produisent ou questionnent. Il transforme le statut et les formes des œuvres. En introduisant de nouvelles modalités pour assurer leur circulation, il modifie également leur relation avec le public. Le numérique bouleverse la place de l’auteur qu’il place dans une relation dynamique par rapport aux flux d’information, de circulation des images, des sons et des formes. Il donne ainsi une nouvelle importance à l’invention de dispositifs dans lesquels ces formes sont données à l’expérience, ouvrant d’infinies possibilités d’interaction avec l’œuvre. Il donne enfin une nouvelle dimension au travail collectif, à des formes diverses de collaborations, d’échanges et de contributions. D’une façon générale, on peut dire que le numérique déplace les pratiques artistiques et conduit à réfléchir autrement les relations entre arts et sciences.
Ce séminaire rassemblera des chercheurs en sciences humaines (sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens, littéraires), en sciences dures (informaticiens, physiciens, mathématiciens, etc.), des artistes (designers, hackers, programmeurs, média tactique, etc.) ainsi que des professionnels (industriels, chargés de communication, etc.). Notre objectif est de favoriser des croisements, des emprunts et des déplacements qui seront propices à l’identification de nouvelles pistes de réflexion et de recherche, voire à la mise en œuvre d’expérimentations collaboratives.
Chaque mois, des participants seront invités à présenter leurs expérimentations d’outils numériques de collecte (applications mobiles, capteurs oculaires, systèmes SIG, etc.) ou d’indexation et de traitement des données recueillies (bases de données, systèmes de visualisation ou de sonification, etc.). Certains feront part de leurs explorations de dispositifs d’écriture et de modélisation de la connaissance (jeux vidéo, machinima, web documentaires, etc) ou encore de nouvelles formes d’édition électroniques.
Trois types de questions seront développés.
1) Il s’agira tout d’abord de voir comment, et jusqu’à quel point, ces pratiques et instruments transforment notre rapport au monde, nos méthodes de recherche, la construction de nos objets, la modélisation et la diffusion de notre connaissance et de nos oeuvres.
2) Nous nous interrogerons aussi sur l’impact des processus collaboratifs qu’impliquent les pratiques numériques entre chercheurs, artistes et professionnels. L’objectif est d’évaluer les apports que chaque démarche (scientifique, artistique, professionnelle) apporte aux autres.
3) Nous verrons enfin comment ces processus collaboratifs bouleversent les champs disciplinaires, les points de vue et les formes d’autorité qui organisent notre recherche et notre pratique et conduisent à repenser de manière créative de nouvelles formes de rencontre entre les disciplines scientifiques et entre celles-ci et les non-spécialistes.

Comité d’organisation : Jean Cristofol (Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence), Jean-Paul Fourmentraux (Centre Norbert Elias, CNRS/AMU/EHESS), Cédric Parizot (IREMAM, CNRS/AMU) et Manoël Penicaud (IDEMEC, CNRS/AMU).

Ce séminaire transdisciplinaire s’intéresse aux perturbations productives que génèrent les collaborations entre les chercheurs en sciences humaines et les artistes dans le domaine du numérique. Il s’inscrit dans la suite des réflexions et des expérimentations que nous avons menées à l’IMéRA dans le programme antiAtlas des frontières depuis 2011 tout en élargissant notre questionnement au-delà de la seule question des frontières.

Commencé le 13 janvier 2016, ce séminaire fonctionne selon un rythme de rencontres mensuelles.

Partenariats :

IMéRA, Institut d'études avancées d'Aix-Marseille (AMU)
Institut de Recherche et d’Etudes sur le monde arabe et musulman (CNRS/AMU)
Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence
Institut d’Ethnologie Mediterranéenne Européenne et Comparative (CNRS/AMU)


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